« T’as fait quoi au Nouvel An ? »

2014

Bonjour, Vous.

Ça fait longtemps, je sais. Mes excuses pour cette défection temporaire. Bonnes résolutions obligent, me revoilà. Et on rentre tout de suite dans le vif du sujet avec un post sur…la nouvelle anneye!


Pendant les quelques jours qui suivent le 31 décembre, le fameux « t’as fait quoi au Nouvel An ? » est probablement la question la plus demandée autour de moi (après l’habituel « ça va ? », bien sûr). C’est un phénomène que j’ai remarqué il y a quelques années et qui ne se dément pas. Alors que les autres fois, je rentrais de le carcan social acceptable du « j’ai fait la fête comme une folle », ou « il m’est arrivé un truc de diiiingue et on a fini aux urgences », ou encore « j’ai été à la soirée Fucking Truc, ze place to be », cette année a été différente.

Tout d’abord, installons le contexte. Il faut savoir que pour moi, le nouvel an ne débute pas quand sonnent les 12 coups de minuit, et puis que tout le monde s’époumone un « BONNE ANNEEEEEEE » de circonstance. J’ai toujours trouvé ce moment légèrement dérangeant. Comme si j’étais complice d’une farce et qu’il fallait que je tienne mon rôle. Parfois je serre dans mes bras des gens que je connais à peine, parfois je m’éclipse dans les toilettes quand le décompte commence. Alors cette année, je ne l’ai tout simplement pas fêté. Rassurez-vous, ce n’était pas par manque de possibilités. Françoise* m’avait invité dans un bar pour écouter de la musique Folk, Josette me proposait d’aller chez Sibylle pour un repas entre amis, et Philippa tenait à ce que je vienne chez elle. Et au début, j’avais envie de tout faire. Et finalement, ce n’était rien de tout cela.

Mon 31 décembre a commencé tôt. A 5h38 pour être précise. Quand mon chat a décidé qu’il était l’heure que je m’occupe d’elle. Étant sortie la veille, mes heures de sommeil étaient proches de zéro. A 7h00, je sortais de chez moi pour rejoindre Josette. Nous partions en effet pour une ferme pédagogique où cette dernière travaille. La veille, nous avions préparé une animation vidéo pour enfants dont le but était de les familiariser avec la caméra, tout en les impliquant dans un projet avec des animaux. Ils devaient donc faire un film de quelques minutes sur leur semaine à la ferme, en présentant les animaux. Josette m’avait prévenu que ces gosses étaient « difficiles ». Mais mon imagination n’égalait pas la réalité. Dire d’enfants qu’ils sont difficiles ou infernaux, c’est toujours un euphémisme. La réalité est PIRE. Ils n’étaient que cinq pourtant. On pourrait croire que cinq bambins encadrés par deux adultes, c’est suffisant. Et bien non. Trois enfants étaient cousins, et se connaissaient donc très bien. Ils apportaient avec eux les disputes, rivalités et jalousies de leur famille dans le groupe. Victor était jaloux de Louis, qui n’arrêtait pas de le taquiner. Le premier finissait en pleurs, pendant que le deuxième affirmait qu’il n’avait rien fait avec un sourire vicieux, et Paul dans cette histoire essayait de les séparer tout en jetant de l’huile sur le feu. Victor, Louis et Paul avaient une capacité de concentration de deux minutes consécutives, ce qui rendait les explications et les remontrances inefficaces. Par ailleurs, ces trois monstres avaient un niveau sonore incomparable : une phrase ne pouvait pas être dite, elle devait être criée. Systématiquement. Pendant huit heures. Qu’on se le dise, pour être animateur, il faut avoir les nerfs solides. Et pendant ce temps, les deux autres du groupe, Nathan et Aurore attendaient patiemment que les drames, les engueulades, les menaces, les punitions, les explications, les tentatives de paix, et les pétages de plomb de votre narratrice se terminent pour pouvoir essayer d’apprendre quelque chose. Même si cette expérience a été des plus difficiles, elle reste pourtant un bon souvenir. Une journée enrichissante. Quand un monstre prend une caméra en main, sourit et donne le meilleur de lui-même pour filmer une poule ou un cochon, c’est magique. Dans mon travail de tous les jours, je préserve ma santé. C’est pour l’instant la seule chose à faire. Mais l’espace d’une journée, j’ai nourris mon âme. Et ça fait du bien. Mais nourrir son âme au détriment de sa santé, ça a un prix, évidemment. C’est pourquoi à 18h00, à la terrasse d’un café avec Josette, en buvant un verre de vin rouge, j’ai commencé à me dire que tenir encore le coup pendant six heures allait être très dur. A 20h00, après mon deuxième verre de vin, j’ai compris. Malgré les supplications de Josette et l’interdiction formelle de Philippa de passer le Nouvel An seule parce que c’est « trop triste », je rentrais chez moi. Honnêtement, l’appel de mon canapé était plus fort. Comme je l’ai dit, le 31 décembre n’a jamais été une date importante pour moi. En y réfléchissant, ce serait plutôt le 21 mars. Ou le jour des premières jonquilles. Quand la vie reprend le dessus. Quand la lumière recouvre ses droits. Quand chaque jour, la promesse d’un soleil qui réchauffera mon cœur et mon corps me fait me lever le matin avec un peu moins de difficultés. C’est ça que j’ai envie de fêter.

Donc, en résumé, il y a deux jours, j’étais chez moi, en train de manger de délicieuses frites et de déguster un coca, mon chat collé à moi, à regarder l’épisode spécial de Downton Abbey que j’ai attendu pendant un mois. En entendant dehors les pétarades et les cris des gens déjà saouls, j’ai souri. J’étais heureuse. La veille du Nouvel An, je suis sortie, l’avant-veille aussi, la semaine d’avant, j’ai passé une soirée jusqu’au bout de la nuit qui m’a valu un bon mal de tête, donc ne vous inquiétez pas, la fiesta, ça me connait. Par esprit de contradiction peut-être, le 31 était une soirée télé. Triste mon Nouvel An ? Pas du tout. Je me suis respectée en refusant de céder aux convenances d’une fête sans signification pour moi et j’ai passé une super soirée sans dépasser mes limites et en faisant quelque chose que j’adore (parce que oui, j’adore regarder des séries en mangeant des frites). 2014 commence bien.

A bientôt!

*Ce prénom, ainsi que ceux qui suivent ont été inventés pour préserver l’anonymat des personnes citées. De plus, mes amis ont des noms bien plus cool!
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