6. Le Rhumatologue (2)

04-07-2013 15;59;44Ma deuxième visite chez le rhumato fut des plus expéditives. Dr Q avait l’air de savoir ce qu’il faisait, et ne gaspillait pas de temps en banalités. Après une poignée de main étonnement molle pour un homme si volontaire, il m’invita à m’asseoir.

– Je vous écoute. Dites-moi ce qui ne va pas. 

Qu’est-ce que j’ai dit à votre avis? Une idée ? Et oui, « j’ai mal partout », gnagnagnangnan. La plainte. Toujours la plainte. Bon, bien sûr, on ne va pas chez le médecin pour se réjouir de son sort et pavaner joyeusement, mais quand même. C’est pénible d’être toujours dans ce rôle de victime. De demander de l’aide. Mais l’attitude anti-empathique et droit-au-butiste* du Dr Q m’ont permis de ne pas me sentir trop mal par rapport à ma situation, parfois pénible. Je lui expliquai donc mon épisode aux urgences.

– Et on vous a dit quoi alors ?
– Que j’avais le syndrome des jambes sans repos.
– Qui est-ce qui vous a dit ça ? Répondit-il en fronçant un sourcil.
– Chais pas, un interne.
– Pfff, ridicule. Vous êtes allée dans quel hôpital ?
– Euh…ici.
– Mmh, je vois. Conclut-il avant de se pencher sur mon dossier.

Après quelques minutes de silence, il reprit.

– Et ils ne vous ont fait aucun examen ? Pas de scanner ? Rien ?
– Non. Ils m’ont juste donné deux doses de morphine et une de cortisone.
– De cortisone ?? De mieux en mieux. Et ça a été avec la morphine ?
– Ben, pas trop en fait, j’ai été plutôt malade.
– Ils vous ont gardé toute la nuit ?
– Non, après la deuxième piqûre, on m’a renvoyé chez moi.
– Décidément.

Enfin, je me sentais comprise. Son air révolté me confortait dans l’idée que, jusqu’à présent, ma prise en charge avait été plutôt médiocre. Mais ça allait changer. Le Dr Q allait tout arranger. A postériori, je me rends bien compte que je mettais trop d’espoir dans un seul homme. Il n’était pas Superman, c’est vrai, mais il avait l’air compétent. Le genre de personne qui aime les défis. Car il faut l’avouer, je suis un challenge. La liste de mes problèmes est impressionnante pour quelqu’un de mon âge. Comme dirait ma sœur : « t’es vraiment jeune pour avoir tous ces soucis de santé. Moi à ton âge, je n’avais même pas de rhume ».

– Bon, on ne peut pas vous laisser comme ça. Puisque le Feldene ne fonctionne pas, on passe à la vitesse supérieure. Je vais vous prescrire 10 piqûres de Diclofenac. Un infirmier viendra chez vous, ou vous allez dans un dispensaire. On va faire aussi 9 séances de kiné. Je vous fait un papier pour faire un scanner des lombaires. Vous reprenez rendez-vous chez moi et on va voir ce qui ne va pas.

Tout en l’écoutant, je sentais poindre un énorme soulagement. Il va combattre avec moi. Je ne suis plus seule. La bataille contre la douleur a commencé, et Dr Q est mon général en chef. Tayau ! Tayau ! Malgré les insomnies, la jambe boiteuse, et le mal constant, je puisai dans ce rendez-vous une nouvelle énergie. Energie nécessaire car j’eus droit à des piqûres quotidiennes dans les fesses, d’infirmiers à la dextérité aléatoire (certains extraordinaires, bien sûr, d’autres, nettement moins), des séances de kiné trois fois par semaine et ce, tout en continuant à travailler.

*oui, deux mots inventés dans une même phrase, je me rends compte que ça fait beaucoup.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s