3. La suite du Burn-Out

ob_36448dafdb77a8b53889a6c8a491c2db_26-06-2013-15-47-17Chaque jour, le lever devenait de plus en plus difficile. Dans le froid de l’hiver, braver le blizzard pour aller travailler dans une entreprise peu aimée, avec des collègues sournois (sauf L et D, bien sûr), sans savoir de quoi demain sera fait me déprimait profondément. Chaque soir, je rentrais et m’effondrais sur mon lit, épuisée. Dormir. Laissez-moi dormir. J’avais mal et j’étais fatiguée, mais pire encore, j’étais devenue bête. Comme si mon esprit en avait eu marre et avait décidé de se faire la malle aux Bahamas.

Je laissais parfois s’écouler des minutes entières avant de me souvenir de la tâche que je devais accomplir. Ma mémoire s’était liquéfiée. “Tu t’es occupée des échantillons du dossier 8724?”. Quoi? “Tu as envoyé un mail à untel?” Je-ne-sais-pas-je-ne-sais-pas-je-ne-sais-pas-je-suis-bête-je-ne-sais-pas-j’ai-mal-dodo. Quand j’allais me coucher le soir, j’avais une boule dans le ventre : la nuit ne serait pas assez longue, je n’aurai pas le temps de me reposer. Mon mal de dos était devenu tellement omniprésent que j’allais parfois me cacher dans une pièce isolée de “l’open-space où tout le monde voit tout ce que tu fais tout le temps” pour m’allonger quelque minutes sur le sol. Après un week-end de léthargie totale, presque trois mois après avoir été embauchée, je me suis rendue compte que ce n’était pas tenable. Il fallait que je me prenne en main. La douleur est inacceptable. Avant de la faire accepter aux autres, j’avais besoin de l’accepter moi-même. De me rendre compte que ce n’était pas normal et que je méritais de prendre soin de moi. Première démarche : prendre rendez-vous chez un rhumato. Deuxième démarche : téléphoner à la Clinique de la douleur. La douleur chronique, c’est leur spécialité, ils doivent bien savoir quoi faire.

– “Vous venez de la part d’un médecin ?”

– “Non, ça fait des années que j’ai mal partout tout le temps et là ça devient trop.”

– “Vous avez déjà eu un diagnostic?”

– “Oui, on m’a vaguement parlé de fibromyalgie mais ça n’a jamais vraiment été au delà”

– “Je vois. Le problème, c’est que le docteur qui est spécialisée en fibromyalgie est débordée, je peux vous donner un rendez-vous pour dans un an et demi. Vous le voulez?”

– “QUOI? Mais je ne vais pas attendre tout ce temps! Enfin, oui, je le prends, mais il n’y a pas une autre solution?”

– “Malheureusement, non. Vous pouvez essayer dans une autre clinique de la douleur, mais je sais que tel hôpital a fermé son département et tel autre est tellement plein qu’il n’accepte plus de nouveaux patients.”

– “Merci madame, au revoir.”

Publicités

Une réflexion au sujet de « 3. La suite du Burn-Out »

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s