2. Le Burn-Out

2Après cinq ans de journalisme, j’obtins enfin mon diplôme. Je ne me faisais guère d’illusions quant à mes chances de trouver un emploi dans ma discipline. Je ne suis pas particulièrement brillante dans ce domaine. Ni particulièrement motivée à me battre pour un travail précaire et dévorant (tant au niveau du temps que de l’énergie). C’est donc avec fierté que deux semaines après avoir fini mes études, j’entamai une fonction d’assistante commerciale dans une PME d’import-export.

J’espérais que les horaires fixes et la sécurité de l’emploi me permettent de me stabiliser au point de vue de ma santé et de vivre une vie à peu près normale. C’est étonnant pour quelqu’un de 25 ans, mais j’aspirais (et aspire toujours) à un train-train routinier pour éviter les crises physiques. Car c’est un fait, mes maux se déclenchent ou s’accentuent avec le stress.

Mais un déménagement, c’est stressant. Car oui, avide de commencer une nouvelle vie, j’avais aussi décidé d’emménager dans un appartement plus grand (les studios étudiants, c’est bien un moment, mais après 6 ans, ça devient franchement claustrophobique). Ça, combiné à la politique d’entreprise plutôt capitaliste de mon employeur, et le craquage n’était pas loin. “Les heures sup’ non payées, c’est normal quand on est junior. Il faut montrer que tu en veux, c’est comme ça”, m’avait alors confié une collègue. Partir à 17h30 quand on est sensée partir à 17h00, c’est déjà trop tôt.

Mon rêve de sécurité de l’emploi s’est quant à lui vite estompé quand j’ai réalisé que “six mois d’essai en intérim” signifiaient aussi que mes employeurs avaient le droit de me virer à n’importe quel moment, et qu’ils n’hésiteraient pas. Le poste d’assistante commerciale avait l’air maudit, et le siège sur lequel j’étais assise, éjectable. En quelques années, des dizaines d’autres m’avaient précédées, pour une période allant d’un jour à six mois. La limite des trois mois semblait quant à elle assez fréquente. Je n’étais pas la seule à souffrir de cette ambiance viciée, mes deux compagnons d’infortune, engagés en même temps que moi, peinaient aussi à trouver la force de travailler sereinement dans ce contexte. Le rituel de la signature de la “fiche de prestation” était devenu une source d’angoisse pour moi, L et D. Chaque semaine, notre employeur devait signer une feuille stipulant que nous avions bien travaillé pour elle. C’était à ce moment-là qu’elle décidait alors de nous dire si elle nous gardait. Ou pas.

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